6 juin 2018

Permaculture

La permaculture est au cœur du projet des Jardins Citoyens. Mais de quoi s’agit il exactement, et en quoi se démarque t-elle de l’agriculture conventionelle?

Définition

La permaculture est une méthode de conception des systèmes agricoles s’inspirant du fonctionnement de la nature. Autrement dit, il s’agit de créer un environnement qui tire profit autant que possible des relations existant naturellement entre les êtres vivants d’un écosystème. Concrètement, cela peut se traduire par plusieurs méthodes :

  • L’association des plantes basées sur leurs effets : Par exemple, entourer une plantation de pommes de terre d’œillets d’Inde est intéressant, car son odeur éloigne les insectes ravageurs qui ont tendance à s’y attaquer.
  • L’association des plantes basées sur leur vitesse de pousse : Pour maximiser un petit espace, le mieux est ainsi de planter au même moment un légume à la croissance rapide (une laitue par exemple) et un légume imposant mais à croissance lente (un chou par exemple). Ainsi, le premier pourra pousser entièrement sans gêner le second, puis être récolté pour lui laisser la place de finir sa croissance.
  • L’association des plantes basées sur leur structure : Il s’agit ici par exemple de cultiver côté à côte une plante haute ayant besoin de beaucoup de soleil et une plante basse préférant l’ombre (qui sera ainsi protégée par la première), ou encore utiliser une plante comme tuteur d’une autre (l’exemple le plus connu est celui du maïs servant de tuteur au haricot).
  • La culture en butte : On cherche avec cette technique à créer un sol riche en azote, aéré et conservant bien l’eau comme la chaleur en entassant du bois, du compost, de la terre et un paillage. La décomposition naturelle des éléments viendra enrichir le sol.

Ce ne sont là que quelques exemples et ils en existent bien d’autres. La subtilité de la permaculture réside dans le fait qu’on ne peut pas appliquer partout les mêmes techniques de façon mécanique. Il faut bien observer le terrain initial et tenir compte de la biodiversité existante, de la nature du sol, de l’exposition au soleil, des conditions climatiques…Un système permaculturel nécessite ainsi plusieurs années pour être « bien rôdé ». Cependant, une fois le terrain apprivoisé, l’entretien des cultures s’y révèlent plus aisée que dans un potager traditionnel, car il ne s’agit plus de lutter contre la nature mais d’œuvrer avec elle (et qu’elle fait une bonne partie du travail).

Différences avec l’agriculture conventionnelle

La permaculture est fondamentalement différente de l’agriculture conventionnelle sur de nombreux points :

  • La taille des parcelles : Là où l’agriculture conventionnelle est dans une logique du toujours plus grand, s’appuyant sur l’utilisation de machines pour entretenir ses exploitations, la permaculture a pour motto de cultiver avec grand soin un petit espace – un soin que seuls une main et une intelligence humaine peuvent apporter.
  • L’entretien du sol : L’agriculture conventionnelle ne cherche pas à rendre le sol fertile – elle n’en a pas besoin, car elle nourrit directement les plantes par des engrais chimiques. Elle chercherait même plutôt à le rendre le moins fertile possible, par l’utilisation de fongicides, d’insecticides et d’herbicides. En plus de tuer le sol, ces produits sont susceptibles d’entrainer une pollution de l’eau potable en se répandant jusqu’aux nappes phréatiques ou aux cours d’eau. De son côté, la permaculture cherche au contraire à conserver au maximum le sol, voir à l’enrichir, par exemple en y répandant de la matière organique (paille, copeaux de bois, tonte), en y apportant du compost ou en y laissant se décomposer sur place les cultures.
  • La cohabitation avec la biodiversité : Là encore, la différence est de taille. Là où l’agriculture conventionnelle cherchent à supprimer et éloigner autant que possible plantes adventices, oiseaux, insectes et petits animaux pour protéger ses cultures, la permaculture recherche au contraire la cohabitation. Elle cherche ainsi plutôt à détourner les nuisibles des cultures qu’à les supprimer, en plantant des herbes dont ils sont particulièrement friands en bord de culture par exemple. Si elle se retrouve envahi, elle peut chercher à rétablir l’équilibre en attirant le prédateur désiré : les coccinelles contre les pucerons, les canard coureurs contre les limaces…Dans certains cas, elle peut même tirer profit de ces invités surprises – le chénopode, souvent considéré comme une mauvaise herbe, s’avère ainsi délicieux et très riche en vitamines.
  • L’utilisation de l’énergie : L’agriculture conventionnelle est très demandeuse en énergie : pour alimenter ses machines, pour chauffer ses serres, pour faire venir ses intrants de l’autre bout du pays, pour envoyer sa production au 4 coins du monde…Au contraire, la permaculture cherche à diminuer sa consommation énergétique au maximum : pas de machines pour l’entretien des cultures, une rétention de la chaleur dépendant davantage du terrain et de la composition du sol, l’utilisation de composants (bois, paille, compost) locaux, la vente sur place ou à proximité, une optimisation de la gestion de l’eau, etc.